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Terrain n° 6 · 23 août 2026

J'ai fait auditer mon site par onze IA. Elles m'ont mis 38 sur 100.

Le 1er août, j’ai lancé onze IA sur mon propre site. Pas celui d’un client. Le mien, celui qui vend mes prestations.

Elles ont travaillé dix-neuf minutes. Verdict : 38 sur 100 sur le référencement national, 52 sur 100 sur mes pages de vente.

Le consultant qui vend de l’audit se fait auditer, et prend la note.

Je pourrais m’arrêter là et te servir la leçon d’humilité. Ce n’est pas le sujet.

🕵️ Trois des onze n’ont rien audité du tout

Six ont audité, chacune son lot : le référencement, les pages de vente, la navigation, l’interface, les pages secondaires, l’écriture. Deux autres ont seulement lu mes textes, pour comprendre comment j’écris quand j’écris bien.

Et trois n’ont rien audité. Elles ont reçu les 36 constats classés les plus graves, avec une consigne unique : aller les vérifier dans le code et sur le site en ligne, et faire tomber ceux qui ne tenaient pas.

C’est cette partie-là qui te concerne. Elle répond à la question numéro un que j’entends chez les dirigeants : comment je sais qu’elle n’invente pas ?

🧨 Un constat sur trente-six était faux, et rien ne le montrait

Une des six avait écrit ceci : la page qui présente Referys, l’outil que j’ai construit, est un cul-de-sac, personne ne pointe vers elle.

Plausible. Formulé avec assurance. Je l’aurais gobé.

La contradictrice est allée regarder. La page est liée depuis le pied de page de tout le site, et citée sur ma page accompagnement. Le constat a été retiré avant que je le lise.

Quatre chiffres ont été corrigés dans la foulée. Un exemple : une IA comptait 23 liens partant de mes pages nationales vers mes pages de villes. Il y en a 16. Le reproche restait valable, son ampleur était fausse.

Un faux sur trente-six, ce n’est pas grand-chose. Ce que je retiens, c’est qu’il était indétectable à la lecture : rien ne le distinguait des trente-cinq autres.

🛠️ Côté atelier

Le pire n’est pas là. Mon site déclarait aux machines qu’il était un commerce de proximité de Narbonne, horaires et carte compris, pendant que mes trois pages d’offre IA annonçaient couvrir la France entière. Les deux signaux s’annulaient.

Pendant ce temps, ma page Narbonne accumulait 445 affichages pour zéro clic sur 56 jours. Le marché avait déjà voté, mon site n’avait pas lu le résultat.

Les trois premiers blocs de correction sont en ligne. L’effet, je ne peux pas encore te le montrer : pas de lecture sérieuse des positions avant fin septembre. Je publierai les chiffres quand ils existeront, dans un sens ou dans l’autre.

🎯 Ton exercice de la semaine

Enlève le site, garde le mécanisme. Il tient en trois temps : une IA produit, une seconde IA lancée à part reçoit ce travail avec pour consigne de le faire tomber, un humain arbitre ce qui reste debout.

  1. Prends la dernière sortie d’IA que tu as envoyée à quelqu’un. Un devis, un compte rendu, une réponse à un client mécontent.
  2. Ouvre une conversation neuve, qui n’a rien produit. Colle-lui le document, et en face ta référence : ton catalogue de prix, ta transcription, ton contrat.
  3. Écris la consigne. Un mot fait toute la différence : ne demande pas de « vérifier », demande de « réfuter ». Vérifier invite à confirmer. Réfuter oblige à ouvrir le fichier.

J’ai écrit le détail complet sur le blog : le découpage des onze missions, le constat qui est tombé, et ce que la machine ne prendra jamais à ta place. C’est ici.

Si tu veux savoir lesquelles de tes sorties partent chez un client sans que personne ne les ait contredites, c’est ce que je cartographie sur une journée avec le Diagnostic Mi-Temps, 750 € HT, déduits si tu me confies la suite.

Et toi, le dernier document rédigé par une IA que tu as envoyé, qui l’a contredit avant ? Réponds à ce mail, je lis tout.

À dans quinze jours, Matthieu

PS : ma meilleure note, c’est 68 sur 100 sur l’interface. J’ai passé la journée à me répéter que le site était quand même joli. C’est exactement le genre de consolation qu’un bon contradicteur devrait m’interdire. 🎨

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