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Terrain n° 8 · 27 septembre 2026

J'ai bouclé ma semaine en une journée. Et je n'ai pas décroché mon téléphone.

Le jeudi 17 septembre, entre 10h30 et 18h10, j’ai livré cinq chantiers.

Cinq applications et sites, chacun avec ses corrections, ses tests et sa mise en ligne. Seul, dans la même journée. Il y a deux ans, j’y aurais passé la semaine.

À 18h10, j’ai fermé l’ordinateur avec une drôle de sensation. Tout avait avancé. Sauf la seule chose qui fera vivre mon activité dans six mois : le téléphone. Pas un appel.

⚡ L’IA tient sa promesse. Ton agenda, elle l’ignore

Sur mon métier, je récupère entre dix et quinze heures par semaine. Ces heures vont quelque part. Ce jeudi-là, elles sont toutes reparties dans la machine : cinq chantiers au lieu de deux, parce que tout était à portée et que rien ne m’arrêtait.

Une IA ignore ta priorité du trimestre et l’heure à laquelle ta journée s’arrête. Elle prend ta consigne, et elle la déroule. Quand la consigne tient en un mot, « avance », elle avance jusqu’à ce que tu l’arrêtes.

Le temps gagné devient du temps gagné le jour où quelqu’un décide à l’avance où il part. Ce quelqu’un, c’est toi.

🧱 Où vont mes heures, maintenant que c’est écrit

Le lendemain matin, un café à côté du clavier, j’ai posé mes règles dans mes notes, celles que mon assistant IA relit à chaque session. Puis je les ai placées dans mon vrai agenda, avec une heure et une durée. Une règle absente de l’agenda, je la connais : elle tient trois jours.

  • Une heure de téléphone quatre matins par semaine, avant le moindre chantier IA.
  • Un seul gros chantier IA par jour, celui qui compte, mené jusqu’au bout.
  • Mes sorties de course, le déjeuner et le dîner avec Laura, ma femme.
  • L’ordinateur fermé en dehors de mes créneaux.

Voilà le vrai livrable de l’IA chez moi. Pas cinq chantiers dans une journée : cinq chantiers dans la semaine, du temps pour mes clients, et une vie autour.

🧰 142 méthodes, et j’en utilisais cinq

Mon assistant IA est équipé de fiches méthode : des modes d’emploi qu’il suit à la lettre. Une pour écrire les tests avant le code, une autre pour remonter un bug dans l’ordre. J’en ai compté 142 sur ma machine. J’en utilisais cinq, toujours les mêmes, parce que c’était à moi de penser à les appeler. En plein élan, j’oubliais.

Alors je lui ai posé un rituel d’ouverture. Avant la première ligne de code, cinq étapes, dans l’ordre :

  1. Cadrer : quel projet, dans quel état.
  2. Qualifier : petite retouche ou gros chantier ? Des données sensibles en jeu ?
  3. Fixer un objectif vérifiable. « Le formulaire refuse une adresse email invalide, et un test le prouve » plutôt que « améliorer le formulaire ».
  4. Choisir trois à cinq fiches méthode, celles qui servent ce chantier précis.
  5. Afficher la feuille de route, puis démarrer.

Un artisan fait exactement ça. Il regarde le chantier, il choisit ses outils, il attaque. Le reste attend dans le camion.

Ce rituel, et les deux autres qui encadrent mes sessions, je les ai publiés en accès libre et en français : mes 3 rituels Claude Code.

🛠️ Côté atelier

Le même vendredi, une autre pièce s’est mise en place : mon outil de suivi client écrit désormais tout seul dans mes notes. Je note un appel sur la fiche d’un client, une ligne sur l’avancement de son chantier, et un quart d’heure plus tard c’est rangé dans son dossier, daté, sans que je recopie quoi que ce soit.

Ce que je récupère là, c’est de la saisie. Ce que tu récupères, toi : quand tu m’appelles, je sais déjà où nous en sommes.

Une bonne nouvelle : ce rituel d’ouverture a une semaine, et il a déjà tourné avec succès sur un vrai chantier. Le premier mois entier sera octobre. Je te dirai ce qui a tenu, et ce qui a cédé.

🎯 Ton exercice de la semaine

Prends la prochaine tâche que tu confies à une IA : un devis à rédiger, une réponse à un client, une fiche produit. Avant de lancer la demande, écris trois lignes.

  1. L’objectif, sous une forme qui se vérifie. Plutôt que « fais-moi un beau devis » : « le devis reprend les cinq lignes du catalogue, au tarif 2026, et tient sur une page ».
  2. La méthode, en trois consignes maximum. Le ton, la longueur, ce qui reste interdit.
  3. Le point de contrôle. À quel moment tu relis, et ce que tu regardes en premier.

Trois lignes, deux minutes, pas plus. C’est la différence entre une IA qui produit et une IA qui travaille pour toi.

J’ai écrit le détail sur le blog : mes rituels du jour, de la semaine et du mois, et ce que ça change pour les personnes que j’accompagne. C’est ici.

Et quand tu veux le tien, un second cerveau qui garde tes règles, tes dossiers clients et ta mémoire de travail, prends un créneau sur ma page contact, porte « Gagner du temps avec l’IA ». Trente minutes, sans engagement : nous regardons ton organisation, et je te dis franchement ce qui se range tout seul chez toi.

Et toi, la dernière fois qu’une IA t’a fait gagner deux heures, elles sont parties où ? Réponds à ce mail, je lis tout.

À dans trois semaines, Matthieu

PS : mon rituel d’ouverture marche pour le code. Il me reste à en poser un sur ma boîte mail, où j’entre encore « juste pour voir » à 22h. 📮

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