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· Par Matthieu Daumain

Gérer la fiche Google d'une conseillère immobilière : mon jour 1

Maria, conseillère immobilière à Carbonne, m'a confié sa fiche Google pour un an. Voici tout ce que je vérifie, mesure et mets en place le premier jour.

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J’ai rencontré Maria début septembre, lors d’une formation que j’animais près de Toulouse. Elle m’a parlé de sa fiche Google comme beaucoup d’indépendants m’en parlent : « elle existe, je n’y touche plus ».

J’ai audité sa fiche le 10 septembre, 33 points de contrôle. Verdict : 43 sur 100. Une note de 5 sur 5, la meilleure de Carbonne, et une vitrine à l’arrêt : dernier avis reçu seize mois plus tôt, aucune publication, six photos.

Maria m’a fait confiance pour un an. Voici ce que cette confiance déclenche chez moi, dès le premier jour.

Étape 1 : refaire l’état des lieux, le jour même

Mon audit avait onze jours. Je ne m’y suis pas fié : j’ai tout relu le matin du démarrage.

Bien m’en a pris. Entre-temps, Maria avait corrigé deux points elle-même. Le lien de sa fiche pointait désormais vers sa page personnelle, et non vers l’accueil de son réseau. Ses trois réseaux sociaux étaient reliés.

Le reste n’avait pas bougé : six avis, six photos, aucune publication, une catégorie principale éloignée de ce que tapent ses clients.

J’ai consigné cet état zéro, daté, dans son dossier. Dans trois mois, c’est lui qui dira ce qui a changé. Sans ce relevé, un bilan reste une impression.

Étape 2 : mesurer ses positions, commune par commune

Une conseillère immobilière ne travaille pas sur une ville, elle travaille sur un secteur. Celui de Maria : Carbonne, Salles-sur-Garonne, Rieux-Volvestre, Montesquieu-Volvestre, Lafitte-Vigordane, Longages, Noé et Cazères.

J’ai donc choisi dix requêtes à suivre, construites sur son métier réel et sur ses communes. Puis j’ai relevé sa position pour chacune, sur une grille de 47 points autour de son adresse. Chaque point simule une recherche faite depuis cet endroit.

RequêtePoints où sa fiche apparaîtRang moyen
agent immobilier Carbonne47 sur 475,3
agence immobilière Carbonne17 sur 478,1
agent immobilier Longages13 sur 476,9
agent immobilier Cazères7 sur 4712,3
agent immobilier Noé0 sur 47absente
agent immobilier Montesquieu-Volvestre0 sur 47absente
estimation maison Carbonne0 sur 47absente

La première ligne dit l’essentiel. Sa fiche sort partout autour de Carbonne, et nulle part mieux que cinquième. Quatre fiches sont devant elle, toujours les mêmes, avec de 17 à 34 fois plus d’avis.

Les lignes à zéro fixent le programme : Noé et Montesquieu-Volvestre sont les communes où ses publications vont travailler en priorité.

Étape 3 : reprendre les fondations de la fiche

C’est la partie la moins visible et la plus longue. Je passe chaque rubrique en revue, une par une.

RubriqueCe que j’ai trouvéCe que j’ai fait
DescriptionCorrecte, avec quatre communes citéesRéécrite autour de ses huit communes et de ses trois métiers : vendre, acheter, estimer
ServicesSix services, dont la location et la gestion, qu’elle ne pratique pasLocation retirée, trois services détaillés ajoutés : estimation offerte, accompagnement à la vente, accompagnement des acquéreurs
Zone desservieCinq communesLongages et Noé ajoutées
Lien de rendez-vousAbsentBouton ajouté vers sa page conseillère
CatégoriesPrincipale : « Consultant immobilier »Laissée en l’état le temps d’une vérification, voir l’étape 4
AttributsOnze cochés, certains hérités d’une ancienne saisieAucun changement sans son accord : ce sont des faits sur son activité, c’est à elle de les confirmer
HorairesComplets, un seul jour férié renseignéQuestion posée pour le 11 novembre, Noël et le jour de l’an

Un détail compte ici : les services. Une fiche qui affiche « location » alors que la professionnelle n’en fait pas attire des appels qu’elle devra décliner. Chaque rubrique doit décrire son activité réelle, rien de plus.

Étape 4 : « agent immobilier », le mot que la loi lui interdit de porter

Voici le point délicat de tout dossier de mandataire. La recherche qui amène des vendeurs, c’est « agent immobilier » suivi d’une commune. C’est sur cette requête que les agences se placent.

Seulement, Maria est mandataire. Elle exerce comme agent commercial, sous la carte professionnelle de son réseau. L’article 14 de la loi Hoguet, renforcé par la loi Élan, réserve la dénomination « agent immobilier » aux titulaires de la carte. La fiche pratique de la DGCCRF sur les professionnels de l’immobilier rappelle ces règles.

Il ne s’agit pas d’abandonner la requête. Il s’agit de distinguer ce que Google lit de ce que Maria affirme sur elle-même.

  1. Les avis. Google lit le texte des avis. L’un de ses clients a écrit « un agent immobilier en or ». C’est sa parole à lui. Plus d’avis, c’est plus d’occurrences naturelles, et il est interdit de souffler les mots aux clients.
  2. Le vocabulaire du métier. Estimation, mandat, visite, compromis, notaire : Google rattache ces termes au même besoin.
  3. L’usage descriptif. Le mot peut figurer dans un texte tant qu’elle ne se l’attribue pas. « Avant de confier votre maison à un agent immobilier à Longages, faites ce tour avec un regard extérieur. Conseillère immobilière indépendante, je… » Le mot-clé est là, le titre n’est pas porté.
  4. La catégorie de la fiche. C’est le signal le plus fort, et c’est la zone grise : elle décrit une activité, et elle s’affiche sous son nom. J’ai demandé à Maria d’interroger son réseau avant d’y toucher.

Dans tous ses textes, Maria est « conseillère immobilière ». C’est son titre, et c’est celui que je protège.

Étape 5 : trois mois de publications, une commune à la fois

J’ai préparé et programmé 16 publications, du 23 septembre au 22 décembre. Chacune suit la même règle : une commune, une question que se posent vraiment ses clients, un conseil concret.

Quelques titres : « Préparer sa maison à Longages avant les visites », « Acheter une maison à Noé avec un budget clarifié », « Une succession et la vente d’une maison à Cazères », « Estimation terrain à Montesquieu-Volvestre, les points à réunir ». Douze publications sur seize ciblent les communes où elle est peu ou pas visible.

Je me suis fixé des règles d’écriture strictes pour sa fiche :

  • aucun bien, aucun prix, aucune vente inventés ;
  • aucune règle fiscale ou juridique avancée sans certitude ;
  • aucune promesse de résultat du type « vendu en quinze jours » ;
  • des images sans panneau « À vendre », sans prix, sans visage : une image ne doit jamais passer pour un bien de son portefeuille.

Puis j’ai relu chaque texte ligne à ligne avant de le programmer, et j’en ai retouché douze : une date à corriger, une tournure qui lui prêtait une agence qu’elle n’a pas, un titre professionnel à reformuler. Un texte publié sur la fiche d’une cliente engage son nom. Il part relu, ou il ne part pas.

Étape 6 : les photos

Six photos le matin, sept de plus programmées jusqu’à la mi-octobre, chacune rattachée à ses mots-clés et à son secteur.

Ce n’est qu’un début. Une fiche de conseillère immobilière vit de vraies images : des biens qu’elle a le droit de montrer, ses villages, un portrait. Je lui en ai demandé une vingtaine.

Étape 7 : les avis, le seul levier qui dépend d’elle

Tout ce qui précède, je le fais sans elle. Les avis, non.

Le relevé de positions l’a montré : Maria plafonne à la cinquième place parce que quatre fiches ont beaucoup plus d’avis qu’elle. Aucune publication ne comble cet écart. Le dispositif tient en trois pièces.

  1. Ses anciens clients. Un SMS à tous ses vendeurs et acquéreurs des deux ou trois dernières années. Tous, sans tri : Google interdit de solliciter uniquement les clients satisfaits.
  2. Le jour de l’acte. Une carte NFC personnalisée que Maria tend à son client : il pose son téléphone, la page d’avis s’ouvre. Le soir même, un message de félicitations avec le lien. Une seule relance, une semaine plus tard.
  3. La réponse. Elle me prévient, je réponds à l’avis sous 48 heures, dans sa voix, avec le type de projet et la commune quand le client les a cités lui-même. Jamais un prix, une adresse ou une situation familiale que le client n’a pas mentionnés.

Sur la rédaction de ces réponses, la méthode complète est dans répondre aux avis Google avec des mots-clés.

Étape 8 : dire à la cliente où elle en est, et ce que j’attends d’elle

Le soir même, Maria a reçu un mail en trois parties.

Ce qui est fait, rubrique par rubrique. Son point de départ, avec la bonne nouvelle d’abord : elle est déjà dans la course à Carbonne. Puis ce dont j’ai besoin de sa part, dans l’ordre : la liste de ses anciens clients, la question à poser à son réseau sur la catégorie, des photos réelles, ses horaires des jours fériés, et la confirmation de trois informations cochées sur sa fiche.

Une gestion déléguée ne veut pas dire une gestion dans le dos du client. Maria n’ouvre plus l’interface Google, et elle sait à tout moment ce qui s’y passe.

Les onze mois suivants

QuandCe qui se passe
Chaque moisPublications, photos, réponses aux avis sous 48 heures, surveillance des modifications faites par des tiers
Le 1er du moisUn rapport : appels reçus, itinéraires demandés, clics vers sa page, positions, travaux réalisés
Mois 4, 7 et 10Rapport approfondi et ajustement des requêtes suivies
Mois 12Bilan sur douze mois de données, comparé à l’état zéro du 21 septembre

Ce que je ne sais pas encore

Sa fiche passera-t-elle de la cinquième à la troisième place, et en combien de temps ? Je l’ignore. Je ne sais pas combien de ses anciens clients répondront au SMS, ni ce que son réseau répondra sur la catégorie.

Je sais d’où elle part, au point près, et ce qui est programmé pour les trois prochains mois. Le premier rapport dira le reste. Je publierai la suite quand il y aura quelque chose à mesurer.

Questions fréquentes

Que comprend la prise en charge d’une fiche Google le premier jour ? Un état des lieux daté, un relevé de positions sur les requêtes et les communes qui comptent, la reprise de chaque rubrique (description, services, zone desservie, liens, catégories, attributs, horaires), la programmation des publications et des photos, le dispositif de demande d’avis, et un compte rendu au client avec ce qui est attendu de sa part.

Un mandataire immobilier a-t-il le droit d’écrire « agent immobilier » sur sa fiche Google ? Il n’a pas le droit de se présenter comme agent immobilier : la dénomination est réservée aux titulaires de la carte professionnelle (article 14 de la loi Hoguet). Le mot peut apparaître de façon descriptive dans un texte, sans qu’il se l’attribue. Pour la catégorie de la fiche, interrogez votre réseau avant de la modifier.

Pourquoi une fiche notée 5 sur 5 se classe-t-elle derrière des fiches moins bien notées ? Google ne mesure pas la qualité de votre travail. Il lit le volume et la fraîcheur de ce que vos clients en disent. Six avis de seize mois pèsent peu face à cent cinquante avis récents, même un peu moins bien notés.

Combien de temps avant de voir un effet sur une fiche Google ? Je ne donne pas de délai sans mesure. Ce que je fais : un relevé de positions daté le premier jour, puis le même relevé chaque mois. Le délai se lit dans l’écart entre les deux.

Votre fiche Google est bien notée et reste derrière vos concurrents ? C’est le travail de La Vigie, la gestion déléguée de votre fiche Google : état des lieux daté, publications, photos, réponses aux avis et rapport mensuel. Trois démarrages par mois au maximum, pour que chaque jour 1 ressemble à celui-ci.

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